Vigilance Environnement Millavoise a eu le plaisir, par l'intermédiaire de son représentant Victor Bertrand, de revenir sur le dossier Cyclamen.
Vous trouverez ici une retranscritipon de l'interview, la possibilité de l'écouter et un lien vers l'émission complète sur Radio Larzac que nous remercions pour leur accueil.
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Bonjour à toutes, bonjour à tous, bonjour à tous de l'actu sur un plateau, c'est votre émission d'actualité plus que jamais locale dans ce numéro puisque nous allons traiter d'un sujet dont on parle beaucoup en ce moment, c'est l'installation de l'usine Cyclamen sur le parc d'activité Millau-Viaduc 2 près de Saint-Germain. Pour cette émission je suis comme toujours accompagnée de William qui parlera élection municipale dans son édito. Salut William. Et sans prendre parti, bonjour Sophia. Et nous sommes toujours avec Nico aussi à la technique, salut Nico. Salut à vous. Nico qui si Radio Larzac était une commune serait réélu dès le premier tour. Et donc le dossier Cyclamen, afin d'être le plus objectif possible, nous avons pris en compte les avis des différentes parties prenantes du projet et c'est ainsi que nous ferons lecture des réponses de la préfecture de l'Aveyron qui pour des raisons de réserve électorale a répondu par écrit à nos questions. A l'absence de réaction à la lettre ouverte envoyée par l'association vigilance environnement millavoise, la VEM, aux listes candidates pour les municipales de Millau, nous vous ferons part des positions publiques prises par les têtes de listes connues à ce jour. Et Victor Bertrand, membre de l'association VEM, est avec nous dans le studio. Bonjour Victor. Bonjour Sophia, bonjour à tout le monde. Et en deuxième partie de mission nous serons en ligne avec Delphine, membre du collectif Bitcherland’Air, un collectif de riverains de l'entreprise Cyclamen installé à Éguelshardt en Moselle.
[...]
Donc, l'installation de l'usine Cyclamen sur le parc d'activité Millau-Viaduc 2, près de Saint-Germain, c'est notre sujet du jour, et c'est un sujet difficile à traiter tant il fait polémique, d'autant plus que nous sommes, comme tu l'as dit, dans une période bien particulière, celle de la campagne pour les élections municipales. Donc, avant toute chose, William, avant de parler de ce projet, est-ce que tu peux nous rappeler justement qu'est-ce que c'est que cette usine Cyclamen ? Oui, je vais retrouver mon sérieux. Cyclamen est une entreprise spécialisée dans le recyclage des métaux non ferreux. Elle est installée à Éguelshardt en Moselle depuis 2019 et souhaite développer son activité sur le sud de l'Europe. C'est pour cela que la situation du parc d'activité Millau-Viaduc 2 sur l'axe européen Paris-Barcelone a séduit son dirigeant, Adrien Antonen. L'entreprise Cyclamen se dit innovante en matière de valorisation de métaux issus du recyclage par un procédé sans combustion ni consommation d'eau. Cette technologie permettrait de récupérer un aluminium aussi pur que le métal primaire réutilisable et permettant une économie d'énergie de 95%. Pour son installation près de Millau, la société prévoit un investissement de 20 millions d'euros et permettrait la création d'une soixantaine d'emplois. Merci. Donc, nous recevons, comme on disait dans notre studio Victor, de l'association Vigilance Environnement Millavoise. Est-ce que Victor, tu pourrais nous présenter en quelques mots cette association VEM ? Alors oui, donc cette association qui a été tout spécifiquement créée pour le dossier Cyclamen justement. Fin octobre, quand nous avons quelques riverains alentour de la ZAC Viaduc 2 été au courant de ce projet d'implantation, on n'a pas trouvé ça si beau que ce qu'on aurait pu nous laisser paraître. Donc, on s'est réunis et puis on a rapidement creusé pas bien profond pour s'apercevoir qu'il y avait pas mal de couacs dans ce dossier. Et puis, comme on est sur des terres de lutte un petit peu, on s'est dit ben là il va falloir se fédérer, se réunir, s'associer, créer une association pour éventuellement être entendue par les services de l'État et éventuellement porter recours si jamais il y avait eu recours à porter. Bon, aujourd'hui on sait que le recours est porté mais voilà les raisons de la création de cette association. Et justement pour revenir pour le coup à Cyclamen, où en est l'installation sur un plan administratif ? William, tu as fait des recherches par rapport à ça ? Alors Cyclamen c'est une entreprise qui a des impacts ou qui aura des impacts sur l'environnement, pollution de l'eau, de l'air, des sols, etc. et pourra présenter des dangers, incendies, explosions pour la santé et la sécurité publique. Pour ces raisons, elle est soumise à la réglementation de ce qu'on appelle les installations classées pour la protection de l'environnement, ICPE. La réglementation distingue trois régimes principaux, la déclaration, l'enregistrement et l'autorisation en fonction du niveau de nuisance et de risque. Cyclamen a déposé un dossier d'enregistrement qui est deuxième, au milieu, dans ce niveau de classement de l'ICPE, concernant l'installation de l'usine qui a été validée par arrêté préfectoral le 12 novembre dernier. Nous nous sommes adressés à la préfecture de l'Aveyron qui, comme nous l'avons expliqué en introduction, pour des raisons de réserve électorale nous a adressé des réponses écrites et donc c'est Alex qui nous les lit. Bonjour Alex. Bonjour. La première question que nous avons adressée c'était quel est le contenu d'un tel dossier, quelle est sa durée de validité et quelles expertises sollicitez-vous pour traiter un tel dossier ? Le contenu d'un dossier d'enregistrement est défini par le code de l'environnement, article R 512 46 1 et suivant, du code de l'environnement. Il comprend notamment la description, la nature et le volume des activités que le demandeur se propose d'exercer, les incidences notables que le projet est susceptible d'avoir et les mesures et caractéristiques du projet destinées à éviter ou réduire ces probables effets négatifs notables. L'instruction d'une telle demande est faite par l'inspection des installations classées DREAL qui assure également pour le compte du préfet de département le contrôle des installations classées autorisées en service ou illégales. Le dossier cyclamen a été déposé le 25 juin 2025 et complété le 23 juillet 2025. L'autorisation pour les activités de cyclamen est délivrée sans limite de durée de validité, ce qui n'est pas le cas pour certaines activités comme les installations de stockage de déchets ou les carrières. Cet arrêté pourra évoluer dans le temps si la réglementation l'exige et si les conditions d'exploitation le nécessitent ou si cyclamen en fait la demande. Du dépôt de dossier par la SAS cyclamen à l'arrêté préfectoral, quelles sont les différentes étapes d'instruction ? Les différentes étapes de l'instruction sont une phase de recevabilité qui consiste à analyser le caractère complet et régulier du dossier, une phase de consultation du public d'une durée de 30 jours par voie électronique et de registre en mairie et de consultation des collectivités concernées, une phase de décision pour proposer une décision à l'autorité préfectorale. Par délibération du 25 septembre 2025, la commune de Millau a émis un avis favorable. Par délibération du 14 octobre 2025, les communes de Castelnau-Pégué-Rolls et Saint-Boselli ont émis un avis favorable. La consultation publique a généré sept contributions. Les réponses qui ont été apportées ont été jointes au rapport de fin d'instruction. Par rapport aux inquiétudes des riverains, notamment en ce qui concerne les nuisances environnementales, est-ce que des mesures ou des règles particulières ont été prescrites? Madame la préfète a décidé d'une inspection avant la mise en service, ce qui n'est d'ordinaire pas prévu. Cette inspection portera sur la vérification de la présence effective de tous les équipements de sécurité et de protection de l'environnement annoncés dans le dossier. A défaut, Cyclamen ne pourra pas démarrer ses activités. Quels sont les contrôles mis en place après l'installation de l'entreprise? Madame la préfète a décidé d'une inspection dans les trois premiers mois qui suivront la mise en service, au lieu des douze premiers mois habituellement. Cette inspection portera sur les enjeux majeurs du site, nature des déchets, respect des capacités de stockage de déchets non dangereux, respect de la capacité de traitement, performance des dispositifs de filtration. D'autres inspections interviendront ensuite selon les résultats de cette première inspection, selon les événements qui pourront intervenir sur le site, selon des directives nationales ou régionales ou départementales. Le contrôle de toutes les installations classées fait l'objet d'un suivi rigoureux. À titre indicatif, l'inspection des installations classées a procédé dans l’Aveyron en 2025 à 124 inspections. Autre question, l'association vigilance environnement millavoise soulève le manque de cohérence entre les données relatives au volume d'activité de l'entreprise cyclamen transmises dans le cadre du dossier d'enregistrement et celles évoquées dans les supports de communication à destination des élus. Si cela s'avérait être vrai, quelles seraient les démarches qui pourraient être engagées par l'État et quel type de contrôle serait mis en place pour vérifier le volume d'activité de l'entreprise? Cyclamen a déposé une demande d'autorisation pour une capacité maximale de traitement de déchets non dangereux de 9,9 tonnes par jour alors que le seuil entre déclaration et autorisation est de 10 tonnes par jour. Cyclamen a indiqué également qu'elle demanderait à moyen terme d'augmenter cette capacité après les deux premières années d'exploitation. L'arrêté du 12 novembre 2025 n'autorise exclusivement que le traitement de moins de 9,9 tonnes par jour, ce que les contrôles prévus s'attacheront à vérifier. Une capacité supérieure à ce seuil nécessitera préalablement une décision d'autorisation et donc le respect de toute la procédure correspondante y compris une enquête publique. L'entreprise pourrait-elle être soumise au régime de l'autorisation? Le choix de la procédure n'est pas à l'appréciation libre du service instructeur mais doit répondre à l'application des seuls critères fixés par le code de l'environnement. En l'espèce, la DREAL a estimé qu'aucun élément ne permettait de faire basculer l'instruction de l'enregistrement vers l'autorisation. La préfecture de Moselle a mis en demeure à plusieurs reprises la société Cyclamen pour manquement à obligations réglementaires dans son usine située à Éguelshardt dont certaines demeurent à ce jour non levées. Avez-vous été en contact avec vos homologues de Moselle? En avez-vous tenu compte dans la rédaction de l'arrêté préfectoral? Alors l'unité Tarn-Aveyron de l'ADREAL Occitanie est en contact régulier avec l'unité de la Moselle de la DREAL Grand Est. Les décisions prises par madame la Préfète sur un renforcement des contrôles sont directement issues de l'analyse faite des non-conformités constatées en Moselle Cyclamen à Millau ne bénéficie d'aucun aménagement aux prescriptions des arrêtés ministériels applicables. Merci Alex et merci à madame la Préfète pour ces réponses. Victor en revient à vous. Comme on l'a dit, vous êtes membre de l'association de Vigilance Environnement Millavoise. Vous êtes aussi agriculteur bio à proximité du parc d'activité Millau Viaduc 2. Quelles sont vos réactions à ces réponses de madame la Préfète? Alors là il n'y a aucune surprise puisqu'on a entendu plus ou moins les mêmes lors de rendez-vous avec madame la Préfète et nous clairement chez VEM ces réponses ne nous satisfont pas du tout puisque leur mesure exceptionnelle d'effectuer un contrôle avant la mise en exploitation, on aurait tendance à dire c'est bien un minimum de vérifier qu'ils installent bien le matériel en conformité à ce qu'ils ont déclaré et nous ce qu'on craint vraiment c'est l'exploitation en elle-même, pas non l'installation. Donc les mesures avant l'exploitation nous ça nous rassure en rien et ensuite le contrôle qu'elle annonce faire dans les 3 mois plutôt que dans les 12 mois on voit bien que comme ils font à Moselle sur le site d’Éguelshardt les contrôles ça ne change rien à la façon d'exploiter chez Cyclamen. Concrètement quelles sont vos craintes par rapport à l'installation de Cyclamen dans la zone industrielle de Millau? La crainte ce sont les pollutions environnementales et des nuisances liées à l'activité c'est-à-dire aux poussières, le gros de la nuisance ça sera les poussières qui sont générées par ce process là et on doute fort qu'avec un seul régime d'enregistrement et des prescriptions relativement light le système puisse arriver à maîtriser tout cet impact. Et on en revient sur notre revendication première sous un régime d'autorisation il y aurait déjà eu une vraie étude d'impact donc tout le monde saurait de quoi on parle c'est-à-dire les impacts réels qui vont générer, les matières qui vont traiter, on serait vraiment tous au clair sur la nature de l'activité. Et là on n'y est pas et on a le triste exemple d’Hegelshart en Moselle, Delphine en parlera tout à l'heure mais on est légitimement en droit de s'inquiéter puisqu'on voit bien que des impacts il y en a, contrairement à ce qu'on pourrait nous laisser croire. On a aussi donc requis les positions ou déclarations des candidates et candidats à la mairie de Millau sur le dossier Cyclamen. Donc Emmanuelle Gazelle, présidente de la Comcom Millau-Grand Cause qui est la collectivité compétente dans le cadre de ce dossier, elle est aussi maire de Millau et candidate à sa réélection dans la liste Millau pour vous. Elle a partagé face aux inquiétudes, je la cite, sa vision de l'installation de l'entreprise Cyclamen dans une vidéo. On y apprend qu'elle travaille sur ce dossier depuis un an et demi avec les services de l'Etat et qu'à chaque étape de l'instruction, l'entreprise Cyclamen a rempli les conditions environnementales, sanitaires, économiques permettant de valider son installation. Elle veut accompagner l'installation de Cyclamen avec davantage de contrôles.
Elle cite la mise en place d'une borne Atmo pour mesurer la qualité de l'air à proximité et elle a demandé aux services de l'Etat concernés d'intensifier et renforcer les contrôles par rapport à l'installation de Cyclamen. Des contrôles avant la mise en fonctionnement de l'entreprise puis à trois mois, à six mois, un an et ensuite tous les ans. Ensuite Christophe Saint-Pierre, candidat tête de liste de Millau en action, interpellé lors de la manifestation organisée par l'association VEM du 7 février dernier, a déclaré ceci, je cite, “le principe de précaution doit prévaloir tant que des zones d'ombre subsistent, tant que toutes les garanties ne sont pas apportées, aucune implantation ne peut être validée.” fin de citation. Il faut des garanties absolues notamment au regard de la proximité de la future cuisine centrale, sans réponse claire du porteur de projet et de l'Etat, il ne peut y avoir d'engagement, fin de citation. Et pour finir Dalila Belaid Artis, candidate tête de liste d'Alternatives de Gauche, que nous avons contacté, je cite sa réponse, “l'Alternatives de Gauche se positionne résolument contre le projet de l'installation de Cyclamen comme nous défendons sans concession l'environnement, la santé des habitants et habitants et des travailleurs et travailleuses. Nous dénonçons les pratiques passées et présentes de saccages écologistes de cette entreprise privée en Moselle, le traitement de nos déchets est l'affaire de toutes et tous et ne peut en aucun cas générer du profit pour les entreprises privées, parce que nos vies valent plus que leurs profits, nous appelons tous les habitants et toutes les habitantes de Millau à s'unir dans la mobilisation aux côtés de l'association Vigilance Environnement Millavoise” fin de citation. Donc ces réactions nous montrent bien que le dossier Cyclamen, Victor Bertrand s'est invité au coeur de la campagne pour les municipales, c'est devenu un enjeu de ces élections, qu'est ce que vous en pensez ? Là sûr, alors il y a évidemment des stratégies électorales que tous les élus font bien attention à peser leur mot. La vidéo dont vous avez parlé d'Emmanuel Gazelle, elle a été diffusée il y a très peu et justement suite à, on dirait un peu à sa prise de conscience du soulèvement de l'association et le mouvement et le nombre de personnes que ça peut inviter à suivre cette opposition. Donc nous on l'a rencontré madame Gazelle en début d'année, bon les réponses c'était pas du tout les mêmes, c'était pas du tout satisfaisant. Maintenant bon, il y a cette soi-disant borne Atmo, alors là aussi on a bien compris c'est Colistier de chez Millau 2050, les écologistes qui ont suggéré cette mesure, qui en soi n'en est pas une puisque je vois pas en quoi une borne Atmo pourrait nous rassurer, mais aujourd'hui la position des élus elle n'est pas, à part ce que vous venez de citer Dalila, qui est bien engagée visiblement, les autres, ben c'est, on dit un petit peu ce que ce que l'électorat a envie d'entendre quoi, donc rien de bien concret. Et quand elle nous dit madame Gazelle que ça fait un an et demi qu'elle travaille sur le projet, c'est justement ce qu'on trouve regrettable, c'est que la majorité du public soit mise devant le fait accompli à quelques jours de l'annonce de l'arrêté préfectoral une fois signé, et on trouve ça vraiment dommage. La consultation publique, tout est passé plus ou moins sous les radars, alors que s'il y a un an et demi, tout le monde avait été un peu consulté, il y aurait sûrement eu des façons de faire différemment avec cet opérateur quoi. Et je pense qu'on n'en serait pas là si justement les élus actuels avaient communiqué sur ce dossier plutôt que de nous l'imposer une fois que tout était validé quoi. Et ce qui est à noter c'est que la manifestation du 7 février, en fait les trois listes étaient représentées en tant que manifestants. Oui. Il y avait des candidats des trois listes. Oui, lors de cette marche première manifestation qui a été quand même un assez joli succès, on avait des co-listiers de plus ou moins tous les... des trois futurs candidats. Donc ça montre bien que c'est au-delà de la politique, il y a quand même un vrai attachement aux valeurs environnementales de tous les côtés, et maintenant il va falloir... il va falloir autre chose que des discours électoraux quoi. Oui parce que votre association elle est appartisane. Totalement, oui. Alors Cyclamen a confirmé un investissement de 25 millions d'euros, 60 créations d'emplois et une mise en service est prévue fin 2026 en assurant que le futur site respectera les normes environnementales. Arnaud Chollet, associé de Cyclamen, dans une interview publiée sur Joël de Millau ce matin, à la question, vous attendiez-vous à cette défiance ? Il répond, je m'attendais à plus de discussions. Vous avez eu des contacts avec lui ? Non, nous n'avons pas eu de contact. Il nous a proposé de nous inviter à visiter le site d’Éguelshardt, de nous payer le billet d'avion, l'hôtel et tout ce qui allait. Il dit que vous avez refusé. Oui, nous avons bien évidemment, si nous devons aller à Éguelshardt, on ira par nos propres moyens. Et aujourd'hui, le dialogue, c'est sûr, nous, ce qu'on aurait aimé, c'était le dialogue bien avant leur imposition. C'est-à-dire, il y a un an et demi, c'est à ce moment-là qu'il aurait fallu qu'on dialogue. Maintenant, qu'est-ce que vous voulez qu'on dialogue avec lui ? L'administration lui a donné le feu vert. Il peut bien nous dire ce qu'il veut. Ce n'est pas sa parole qui nous rassurera. Et il est déjà propriétaire du terrain, c'est ça ? Je ne pense pas, non. Je pense qu'il y a juste un compromis qui a été actuellement signé. Par contre, le permis de construire a été accordé et est publié sur le terrain depuis quelque deux, trois semaines. Et donc, vous avez créé cette association Vigilance Environnement Millavoise. Vous avez aussi un site pour informer les citoyennes et les citoyens de vos démarches et de tous les risques environnementaux liés à l'installation de l'entreprise Cyclamen que vous jugez donc être sous-évaluée. Et vous avez constitué un dossier d'information très complexe. Donc, tout le monde peut consulter sur le site cyclavem.fr. Et je voudrais citer la conclusion de ce dossier. Vigilance Environnement Millavoise n'est pas opposée par principe à l'activité industrielle. Elle refuse en revanche la sous-évaluation des risques, le recours à des procédures allégées pour des activités sensibles, l'absence de débats publics réels. La transparence n'est pas un frein au développement. Elle en constitue au contraire la condition indispensable d'acceptabilité sociale et environnementale. Donc, on peut résumer avec ces mots votre position et notamment vous dénoncer un manque de transparence, si je comprends bien. Oui, évidemment, bien sûr qu'on est pour le recyclage et tout ce qui est lié à la gestion des déchets que nous tous produisons. Par contre, nous, on est persuadé que cet opérateur-là minimise volontairement son impact sur l'environnement pour rester sous un régime relativement léger et puis pouvoir opérer en quantité et en qualité de déchets, ce qu'il veut, sans être trop embêté. Et on en a l'exemple concret. Là, on n'est pas dans du subjectif. On a l'exemple concret d’Éguelshardt, où c'est actuellement ce qui se passe. Les choses, rien n'est fait dans la conformité et il y a des impacts environnementaux majeurs. Et on a la complaisance de services de l'État, d'un préfet de la Moselle et des services de l'État qui sont là pour contrôler et normalement éventuellement sanctionner. Au bout de plus de trois ans de mise en demeure, il n'y a jamais, jamais eu la moindre sanction donc encore une fois, la légitimité de notre combat est encore une fois là. Et oui, du coup, vos craintes sont liées effectivement à la situation de la Moselle dont on parlera tout à l'heure et au passé aussi des associés de Cyclamen. Ah oui, pour rien arranger, déjà, il y a la situation actuelle, oui, en Moselle, et ensuite le lourd tribut de l'actionnaire majoritaire, M. Antonen, qui détient 80% des parts de Cyclamen, qui est quelqu'un qui est tristement connu dans le milieu du déchet et du recyclage, puisqu'il est à l'origine de la création de l'entreprise Citron au Havre, en 96 ou 97. L'usine Citron qui était spécialisée dans le recyclage des piles, piles et batteries, et qui a été, alors M. Antonen y restait de 97 à 2007, et l'entreprise a fermé en 2010, mais ça a été des dizaines de mises en demeure. Dès la première ou seconde année, ça a été des grosses explosions, incendies, il y a eu des trafics de déchets qui ont été mis à jour entre la Suisse et le Havre, ça a été une catastrophe environnementale assez majeure. M. Antonen est parti avant la fin, mais c'est un des fondateurs, et il a opéré pendant une dizaine d'années dans ce dossier-là, sur ce site-là, qui est fermé depuis 2010 et qui laisse, selon l'ADEME, une dépollution actuelle estimée entre 40 à 55 millions d'euros, à charge du contribuable. Il y a ce dossier-là. M. Antonen est parti ensuite à Beaucaire, pareil, dans le recyclage de déchets d'équipements électriques et électroniques pour extraire des métaux, c'est pareil. Ça s'est soldé au bout de 4 ans, avec la fermeture de l'entreprise. Bon, c'était des raisons un peu différentes, là, puisque c'était une dispute avec ses associés.
Bref, des soucis d'ingérence. Ensuite, il y a une autre activité sur Montpellier, un bureau d'études, où on s'aperçoit qu'ils ont ramassé un petit peu d'argent public, d'aide publique pour la conception de projets innovants. Là, en l'occurrence, c'était un bateau électrique. Au bout de quelques années, ils n'ont pas pu prouver de leur activité. Ils ont été sommés de rendre l'argent à l'aide publique versée par la région. — Moi, je crois que le Conseil régional les a mis au tribunal pour être remboursé. — Voilà. Donc directement, BPI France, qui était le financeur et qui versait la subvention, les a mis au tribunal pour réclamer cet argent qui était injustement versé, puisqu'il s'agissait d'une aide et donc il y avait des conditionnalités un petit peu à respecter. Forcément, l'entreprise a été condamnée à rendre l'argent. Ils ont fait appel. Ils ont été condamnés. L'appel a été rejeté aussi. Aussitôt, ils ont mis en liquidation cette entreprise. Donc il y a quand même un passif assez négatif sur cet actionnaire majoritaire. — Eh bien merci, Victor. Vous restez avec nous, puisque nous allons continuer de parler de l'installation de l'entreprise Cyclamène à Saint-Germain, près de Millau. [...] Nous sommes en ligne avec Delphine, membre du collectif Bitcherland’Air, un collectif de riverains de l'entreprise Cyclamen, installée à Éguelshardt en Moselle. Bonjour Delphine. Bonjour. On goûte aux pieux mensonges des cieux embrigadés, tant de vies sacrifiées pour du cristal qui ronge. On voit des fumées hautes des nuages procédés, des pluies oranges et mauves donnant d'affreux baisers. Chantez Dominique Hadd en « Rendez-nous la lumière » que l'on vient d'entendre. Des mots qui résonnent peut-être avec la situation que vous vivez à Éguelshardt ? Oui, on peut faire le parallèle. En effet, peut-être pas à ce point non plus, mais effectivement, on est confronté depuis plusieurs mois à une situation de poussières qui envahissent le paysage et qui sont vraiment des nuisances pénibles pour les riverains. Nuisances, essentiellement poussières, pollutions aussi, non, je crois ? Oui, essentiellement pour les riverains, ce qui est gênant, ce sont les poussières. On a pas mal de poussières qui sont émises par cette entreprise, à la fois par des portes qui sont laissées ouvertes, mais également par les modes de chargement des camions qu'emploie cette usine. Et ça génère des retombées de poussières sur les sols, donc à côté de ça, il y a également un risque de pollution des sols à supposer que ces poussières soient toxiques. Autour, on a des habitations avec des jardins, des potagers, on a un cours d'eau. Je rappelle quand même qu'on est dans un parc naturel régional et on est sur un secteur qui est relativement préservé en termes environnementaux. Donc tout ça, ça a une incidence et ça a un impact sur notre qualité de vie. Oui, le Bitcherland’Air, c'est une région qui pourrait ressembler à la nôtre, peut-être pas géologiquement en tout cas, mais effectivement, parc naturel régional, zone touristique, voilà. Alors, l'installation de l'usine Cyclamen, c'était en 2019 ? C'est ça. La création du collectif Bitcherland’Air en juin 2025 ? Oui, tout à fait. Qu'est-ce qui a d'un coup provoqué la création de ce collectif au bout de 6 ans d'activité de l'entreprise ? Écoutez, c'est la montée en puissance de l'entreprise, c'est un petit peu le ras-le-bol des riverains. Et puis, écoutez, il y a des riverains qui sont partis, il y a eu des maisons qui ont été vendues, il y a eu des installations de nouvelles personnes. Peut-être aussi une autre façon de percevoir les nuisances, des nuisances qui se sont développées, puisque quand l'usine s'est installée en 2019, on a eu la vague Covid. Donc, je pense que le démarrage pour cette entreprise était peut-être un petit peu difficile ou ralenti. Et là, on se rend compte que, sur les derniers mois, il y a une montée en puissance. Et déjà, on l'a observé visuellement avec tout ce qui était entreposé autour de l'entreprise. Ça ressemblait vraiment à un dépotoir. Donc, visuellement, déjà, ce n'est pas terrible.
Déjà, le fait qu'il y ait beaucoup, beaucoup de choses entreposées, de matériels entreposés à l'extérieur, ça nous a interpellés. Et puis ensuite, ça en est suivi des modes d'exploitation qui génèrent, comme je vous l'ai dit, énormément de poussière et des bruits aussi la nuit, surtout en été, puisque l'entreprise fonctionne 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Et donc, les portes ouvertes génèrent aussi, permettent d'entendre des bruits à l'intérieur. Depuis 2023, Delphine, plusieurs mises en demeure préfectorales ont été formulées, dont certaines demeurent à ce jour non levées. Et en juin dernier, le collectif Bitcherland’Air a déposé 27 plaintes administratives et a adressé au préfet de La Moselle un courrier concernant la société de recyclage Cyclamen. Quelle est la situation actuelle de l'entreprise et de votre mobilisation ? Alors, à la suite de notre courrier où on a transmis au préfet les dépôts de plaintes, donc à sa demande, la DREAL nous a conseillés de faire de cette façon, puisque nous, on a interpellé la DREAL par rapport aux nuisances. Et la DREAL nous a dit, écoutez, pour que vos doléances soient prises en compte, il faut déposer des plaintes administratives, chose qu'on a faite. Et à la suite du dépôt de ces plaintes, la DREAL a fait une visite ou un contrôle inopiné de l'usine, mais pas un contrôle complet. En tout cas, uniquement déjà sur la base des éléments que nous, on a fait remonter, à savoir les bruits et les poussières. Et donc, après ce contrôle, il y a eu un arrêté de mise en demeure qui a été pris. Et avec un délai, il y avait un délai pour se conformer d'un mois. Donc on a attendu que ce délai soit passé. Et on s'est rendu compte qu'au terme du délai, en fait, peu de choses avaient changé, très peu de choses. En tout cas, au niveau des poussières, ce qui était le plus gênant, ça n'avait pas énormément changé. Donc on a refait un courrier au préfet pour lui dire attention, les délais sont dépassés et il ne s'est pas passé grand-chose sur le site. Et donc la DREAL, je ne sais pas si c'est à la suite de ce courrier, mais en tout cas, la DREAL a fait une nouvelle inspection en mi-octobre. Et a priori également sur les éléments pour lesquels il était déjà mis en demeure en 2023, puisqu'il n'y a pas eu vraiment de suivi entre-temps. Et donc là, en fait, il était bon, je crois, uniquement sur deux points. Mais sur tout le reste, ce n'était pas réglé. C'était en cours de régularisation pour certains points, mais c'était loin d'être, on est loin pour nous, une situation où toutes les mises en demeure peuvent être levées. Alors Delphine, vous avez joué un rôle de lanceuse d'alerte quant à l'installation de Cyclamen près de Millau, puisque vous avez été la première à réagir dans la presse locale mi-avoise et midi-livre, je crois. Que s'est-il passé exactement et comment s'est établi le contact entre les collectifs des Gulsart et celui de Millau ? Écoutez, comme vous le disiez, moi j'ai été un peu lanceuse d'alerte parce qu'en faisant des recherches sur cette entreprise Cyclamen, je me suis un petit peu intéressée à cette situation et j'ai vu qu'il y avait une annonce publique pour un projet sur Millau et une consultation publique qui était en cours. Et c'était pile dans la période de la consultation et donc pour moi il était très très important d'alerter la population, les habitants, sur la situation qu'on vivait à Aigue-les-Sables parce que je pense que nous ce qui nous a paru important c'est que vous fassiez un petit peu, comment dire, que vous voyiez avec notre situation, que vous fassiez un comparatif, puisque nous on était dans la même situation que vous en 2019 dans laquelle vous êtes aujourd'hui. C'est-à-dire qu'on a une entreprise qui veut s'installer, qui est dans le domaine du recyclage, c'est toujours intéressant quand on parle de tri, de recyclage, et nous on avait également besoin d'une entreprise dans notre région puisqu'on n'a pas vocation à être un territoire industriel. Donc c'était intéressant la question de la création des emplois et on était un petit peu dans la même situation que vous. Et cette entreprise est arrivée avec plein de promesses et en fait on s'est rendu compte que les promesses sont loin d'être tenues. C'est pour ça qu'on a voulu vous alerter et dire attention, vigilance, voilà. Justement, vous avez dit qu'on est en train de vivre un petit peu la même situation que vous en 2019. Et donc j'en reviens à Victor qui est toujours dans le studio avec nous. Vous, vos actions pour le moment avec l'association Vigilance Environnement Millavoise, c'est quoi ? Les actions, alors la première action, elle a été administrative, c'est-à-dire que nous avons porté un recours devant le tribunal administratif demandant l'annulation de cet arrêté préfectoral puisque, bon, nous c'est une autorisation qu'on pense être la plus judicieuse. Et ensuite, donc, beaucoup d'actions de communication, donc par les réseaux sociaux, le site cyclavem.fr, la première manifestation sur Millau avec la marche du 7 février et les actions à venir. Donc il y a maintenant de la communication, notamment pour sensibiliser un peu les gens à la proximité de la future cuisine centrale et de cyclamen sur la zone viaduc 2. Donc on va essayer de communiquer pour au moins essayer de sensibiliser les gens sur ce volet-là. Et ensuite, il y aura une autre grosse manifestation au printemps, donc la date n'est pas encore fixée, avec un autre format qu'une marche, mais on va essayer de faire quelque chose d'un peu sympa au beau jour. Toujours pareil, dans un but de fédérer les gens et d'amener du monde pour avoir du poids. Et une pétition qui est actuellement en ligne sur les différents supports où on essaie de récolter le maximum de signatures pour pouvoir déposer quelque chose qui est de la gueule sur le bureau de la préfète à nouveau. Delphine, vous auriez un message à faire passer aux riverains, aux habitants des communes voisines du parc d'activités mis au viaduc 2 ? Écoutez, le message que j'ai envie de faire passer, c'est que mieux vaut prévenir que guérir, parce que nous, cette entreprise d'aujourd'hui, elle est installée. Quand Monsieur Antenen a prévu de venir chez nous au Pays de Bitcher, pareil, il nous a annoncé dans la presse mais rassurez-vous, je ne sais que du tri, c'est une activité qui ne génère pas de poussière. Mon passé industriel, ce n'est pas moi, c'est les autres. Vous pouvez me faire confiance, tout est beau, tout est rose, je suis dans l'innovation, je suis dans le high-tech. Je fais un truc que personne ne fait. Effectivement, il fait un truc que personne ne fait, ça je peux confirmer. Là, les poussières, et on voit aujourd'hui, maintenant que l'usine est installée et que l'usine tourne, on voit aussi que nos autorités, je ne sais pas si c'est volontaire ou pas, mais en tout cas, elles peinent à aboutir à une mise en conformité qui soit rapide. Aujourd'hui, c'est trop long, on a alerté au mois de juin et là on est au mois de février et la situation est quasiment inchangée. Une fois que l'entreprise est là, c'est très très compliqué. On ne peut pas dire oui, on va s'appuyer sur nos services de l'État qui vont faire un suivi, qui vont être vigilants. Non, je ne pense pas. La vigilance, c'est les habitants et malheureusement, nous on en est réduit à faire appel à la justice. J'allais dire, on est loin du vaisseau amiral que nous propose Arnaud Chollet ce matin dans notre quotidien local. Je ne sais pas ce qu'il vous promet, mais en tout cas, je dis juste attention aux promesses parce qu'une fois que l'entreprise est installée et qu'elle tourne, la chance n'est plus du tout la même et c'est très très difficile pour faire changer les choses. Moi, je peux juste vous dire, quand on a appelé la DREAL, dans la toute première prise de contact, nous on a exigé la suspension de l'activité le temps qu'elle se mette aux normes. On nous a dit, oh là là, mais vous savez, ce n'est pas si facile, c'est dans de très très rares cas. Enfin bon, on nous a fait comprendre que c'était difficile. Ils savaient, ils faisaient ce qu'ils pouvaient, mais que ça allait être très long. Voilà. Merci Delphine et Victor pour conclure. Donc vous avez parlé un petit peu de la suite de la mobilisation ici dans le Sud-Aveyron. Est-ce que vous avez d'autres informations à ajouter ? Des informations non, pas spécialement, si ce n'est que Delphine l'a glissé tout doucement. L'action en justice, il n'y a quasiment plus que ça, concrètement, qui peut faire évoluer la chose. Donc sur Millau, c'est en cours et si j'ai bien compris, Delphine le confirme, il y a des actions en justice qui sont parties sur le site d’Éguelshardt et maintenant de la communication. Et puis je ne peux que vous inciter à venir cliquer sur le site cyclavem.fr et tout le monde peut se faire un avis et éventuellement adhérer à l'association. Merci Delphine pour votre témoignage. Je rappelle, vous êtes du collectif Bitcherland’Air à Éguelshardt en Moselle, où est déjà installée une usine cyclamen. Merci Victor de l'association Vigilance Environnement Millavoise et bon courage puisque ce n'est qu'un début. Merci de nous avoir écouté. Merci. Merci à vous. Au revoir. Au revoir.
NB : cette retranscription est issue d'une automation. Nous vous remercions de votre compréhension quand aux erreurs qu'elle peut comporter, malgré notre relecture consciencieuse .